Notes associées
Le nouveau guitariste
À la suite de la Fête de la Musique, j’avais beaucoup aimé le groupe : bonne ambiance et un niveau accessible. N’ayant pas un niveau énorme, être entouré de monstres n’aurait pas fonctionné.
Je me suis rapproché de la chanteuse pour savoir si c’était un groupe privé. Elle m’a expliqué qu’ils faisaient partie de l’école de musique de Bois-d’Arcy et m’a conseillé de contacter le président, surnommé le « Virtuose » ou « Goldfinger ».
Il m’a proposé de venir tester début septembre sans engagement. Tout excité, j’ai attendu la rentrée. Un groupe, c’est la motivation mutuelle pour progresser et l’occasion de jouer des morceaux qu’on n’aurait jamais abordés seul — moi qui suis jeune, je n’aurais jamais pensé jouer Urgent de Foreigner ! Pouvoir jouer avec un saxophoniste était aussi un vrai plus. J’en étais resté aux joueurs de saxophones dans les rues de shanghai jouant des sérénades romantiques des années 60 (car pour une raison étrange, il y a beaucoup de saxophoniste à shanghai), mais là, ça apportait une tout autre énergie. Un groupe, c’est avant tout du partage, entre nous puis avec le public.
Le premier jour arrive. L’encadrant n’avait pas été prévenu de ma venue ; je suis donc arrivé un peu comme un cheveu sur la soupe. Il m’a invité à observer et à prendre mes marques. J’ai découvert une super ambiance, très décontractée, où ça rigole et ça se vanne. Malgré la différence d’âge, j’ai été surpris par cette immaturité partagée. J’avais peut-être trouvé ma place.
Au fil des répétitions, j’ai appris à connaître l’équipe :
Le bassiste un peu geek qui adore jouer avec les IA.
Les guitaristes, les vrais piliers du groupe qui gèrent tout, qu’on surnomme les vrais bonhommes.
Le batteur, qu’il faut constamment freiner quand on parle entre deux morceaux.
Le pianiste, ce grand homme qu’est le président.
Les chanteurs, qui adorent demander un changement de tonalité une fois que tout le monde a bien assimilé le morceau.
Le saxophoniste, et enfin le chef d’orchestre qui canalise tout ce petit monde avec une patience remarquable.
J’ai aussi réalisé qu’ils avaient tous un sacré bagage théorique. De mon côté, malgré mes cours en école de musique dans ma Moselle natale, j’avais tout oublié. C’était intimidant, mais stimulant ! C’est d’ailleurs là que j’ai enfin compris l’utilité d’un capodastre.
L’année a défilé. Démarrer avec In the Air Tonight de Genesis m’a beaucoup aidé à me positionner en fond de mix en accompagnant le piano, ce qui a facilité mon intégration.
Le premier concert est arrivé très vite, pour le Téléthon en novembre. Je devais apprendre la partie lead de New York avec toi Téléphone. Pas simple, mais c’est passé. Un concert court mais très intense pour une première ! C’est aussi là que j’ai découvert mon arme secrète : les bonbons Fisherman’s (les originaux de préférence). Cela m’aidait à me concentrer tout en gardant une haleine fraîche.
J’ai ensuite réalisé l’importance du matériel et des pédales d’effets. J’ai commencé à monter mon rig pour la scène, à tester différentes configurations sans trop compter les dépenses, jusqu’à trouver l’installation idéale. Les Fisherman’s sont évidemment restés, au point que je suis devenu à la fois guitariste et fournisseur officiel du groupe.
Les dates se sont enchaînées, notamment le concert de fin d’année (où je me suis totalement planté sur baker street, le stress et le manque de confiance en moi m’ont vaincu) puis celui de Victoria. J’avais milité pour qu’on joue Smoke on the Water pour son solo que j’adore… et que j’ai magnifiquement foiré en direct !
À force d’échecs, on apprend. Telle une éponge, je me suis dit que c’était le seul moyen de vaincre mon pire ennemi (faire une blague dans le podcast, pour un guitariste le pire ennemi c’est le bassiste, non pas cette fois!) : le stress. J’ai découvert la pire sensation sur scène : le doigt qui tremble au moment de se poser sur le fretboard. Une horreur. Mais en accumulant les concerts, on s’endurcit. Je garde en tête une phrase du bassiste : « Le plus important, ce n’est pas le concert, c’est le chemin parcouru, les répétitions ensemble, la rigolade. » Comme quoi, les bassistes disent parfois des choses utiles !
J’ai pris confiance et cette émancipation s’est traduite par une tenue de scène qui est devenue ma signature : les Crocs jaunes (et pour les connaisseurs, les Crocs jaunes Lidl !). souligner dans le podcast que le public a adopté instantanément ces crocs.
Le moment fort est arrivé à la Fête de la Musique. Ma mère m’a toujours bercé au son de la musique (étant grande fan de Dire Straits) et nous allions chaque année à la Fête de la Musique à Metz. C’était une ville magnifique, autrefois appelée Metz la Pucelle car jamais prise par la force. Ces Crocs, c’était un peu ma touche de rébellion. Jeune, je rêvais en regardant les groupes jouer dans les rues piétonnes du centre-ville. Pouvoir enfin jouer moi-même pour cet événement a été un pur régal.Même si ce n’était pas parfait, la fête de la musique fut un grand succes!
L’année s’achève avec de la fatigue, entre l’apprentissage du répertoire et la gestion de la vie de famille. Mais le bilan est extrêmement positif : j’ai énormément appris et progressé. Une chose est sûre, la saison prochaine sera encore plus rock’n’roll !