Notes associées
L’intégration d’une troisième guitare : un défi d’arrangements et de cohésion
La devise du groupe Arcy Rock and Mood est sans équivoque : *« Du rock, un point c’est tout. »§. Et au cœur du rock, c’est la guitare qui impose sa loi. Elle occupe naturellement une place centrale dans le répertoire de la formation :
- La fondation harmonique (guitare rythmique) : Véritable colonne vertébrale du groupe, elle pose le décor sur des incontournables comme Island in the Sun, Wonderwall ou Wish You Were Here.
- L’identité mélodique et l’expression (guitare solo) : Les riffs et solos emblématiques de Smoke on the Water, Gimme All Your Lovin’ ou Hold the Line permettent d’injecter toute la fureur des amplis et la couleur des pédales d’effets.
- Le pilier visuel et scénique : Au premier plan, les guitaristes incarnent l’attitude rock par excellence. Leur énergie brute et leur complicité visuelle créent un lien direct avec le public.
Une évolution majeure en 2025
Au début de la saison 2025, le groupe franchit un cap en accueillant un troisième guitariste. Le répertoire n’étant pas conçu pour une telle configuration, cette arrivée a imposé une refonte complète des arrangements et une redéfinition rigoureuse du rôle de chacun.
Une équation sonore à choix multiples
Pour redynamiser les morceaux sans jamais les asphyxier, plusieurs stratégies ont été déployées :
- L’épuration : Savoir s’effacer. Sur certains titres, la sobriété l’emporte et seules deux guitares restent actives.
- Le partage : Les interventions et les solos ont été redistribués afin d’équilibrer équitablement le temps de jeu. De nouveaux solos ont même été introduits.
- La puissance : Sur les moments forts, les trois guitares rugissent à l’unisson de concert pour dresser un véritable « mur de son ».
Un véritable casse-tête orchestral
Revisiter l’intégralité du set a exigé une écoute mutuelle exemplaire et une synchronisation millimétrée. La difficulté était d’autant plus grande qu’il fallait composer avec une mutation globale du son du groupe :
- Intégrer le clavier,
- Sculpter l’espace fréquentiel pour laisser respirer le saxophone,
- S’adapter au timbre des chanteurs.
Trouver l’équilibre parfait pour que chaque instrument existe sans écraser les autres est devenu un défi de chaque instant.
Le revers de la médaille : la réduction du plaisir de jouer
Redistribuer les cartes a parfois signifié réduire le temps de jeu ou sacrifier quelques solos. Demander à des guitaristes de simplifier leurs partitions ou de se mettre en retrait a pu, par moments, réduire quelque peu le plaisir de jouer des morceaux devenus moins denses à exécuter.
Il fallait aussi faire accorder des personnalités talentueuses : entre l’ancien particulièrement bienveillant qui connaissait le répertoire et les solos sur le bout des doigts, le plus récent à l’oreille absolu et grand inconditionnel de Wish You Were Here et le tout nouvel arrivant, plein de bonne volonté mais bien décidé à monter sur scène en Crocs jaunes,
Pourtant, le pupitre guitare a su faire preuve d’un esprit d’équipe remarquable. Les anciens ont su tout en conservant une bonne dose de plaisir s’organiser pour donner toute sa place au tout nouvel arrivant.
Sur scène, le pari est amplement gagné : la puissance brute s’est mise au service de l’énergie collective.
En dehors de la scène, l’équipe guitare est à présent soudée et parfaitement synchronisée.
Le grand gagnant : un show visuel démultiplié
Au-delà des ajustements techniques et humains, le jeu de scène s’est développé avec une fluidité impressionnante. Les personnalités et les styles complémentaires des trois guitaristes apportent un relief inédit aux prestations.
Ce qui s’annonçait comme un défi logistique et musical s’est transformé en un atout scénique pour Arcy Rock and Mood.